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Times of Malta: " La loi maltaise exempte la réparation de l'hypospadias, la pratique de MGI la plus fréquente et la seule pratiquée à Malte, affirme l'organisation ".
(L'article complet en français voir ci-dessous.)

Zwischengeschlecht.org on FacebookMalte est célèbre dans le monde entier pour avoir été le premier État à interdire officiellement les mutilations génitales intersexes en 2015 - bien que la loi ne prévoyait pas de sanctions (punitions) et que les MGI aient continué à être pratiquées tant au niveau national qu'international. Après un renforcement tacite de la loi l'année dernière, le gouvernement maltais prétend maintenant avoir "mis les peines pour les mutilations génitales intersexes sur un pied d'égalité avec celles pour les mutilations génitales féminines". Mais est-ce vraiment le cas ?

Un rapport d'ONG de StopIGM.org au Comité des droits de l'enfant des Nations Unies (CRC) (en anglais) montre qu'à Malte, les peines pour les MGI sont encore inférieures de moitié à celles pour les MGF et que la loi contient toujours, en matière des MGI, toutes les lacunes connues, ce qui a pour conséquence de perpétuer la pratique de mutilation génitale intersexe, tant au niveau local, dans des hôpitaux universitaires pour enfants et à l'étranger, dans les hôpitaux contractants, en Angleterre, en Belgique et en Italie. (Le gouvernement ne divulgue toujours pas de chiffres à ce sujet.)

Contrairement à l'interdiction des MGF à Malte, il n'existe toujours pas de protection extraterritoriale contre les mutilations génitales des enfants intersexes à Malte (la MGI à l'étranger reste impunie) et l'incitation, le financement et l'aide et complicité etc. restent impunis chez les MGI même sur le territoire maltais. En conséquence, la loi est ignorée ou n'est pas appliquée dans les cliniques maltaises - avec l'approbation tacite du gouvernement maltais, dont le ministre de la Santé lui-même est non seulement un défenseur de la MGI mais également un chirurgien pédiatrique et un praticien en MGI.

Lors de sa 81ème session à Genève, le Comité des droits de l'enfant de l'ONU, sur la base de notre rapport d'ONG, a interrogé Malte sur les pratiques des MGI et l'application concrète de la loi sur les enfants intersexes (vidéo + transcription, anglais). La délégation maltaise a "répondu" au sujet des "enfants intersexes et transsexuels" et des "questions LGBTIQ", en affirmant "qu'il n'y a aucun cas d'interventions médicales ou chirurgicales illégales sur des enfants intersexes" ni "sur place", ni "à l'étranger" et elle a promis une fois encore la création d'une "commission interministérielle" pour "examiner l'application de la loi" (vidéo + transcription, anglais). (Lors d'un entretien personnel, on nous a confirmé que la forme la plus courante MGI 1 "corrections de l'hypospadias" est pratiquée inchangée à Malte, "mais ce n'est pas intersex").

Le jour de l'examen d'État à Genève, Times of Malta (anglais) a également rendu compte de notre rapport d'ONG et des preuves documentées qu'à Malte - malgré toutes les apparences - les enfants intersexes sont toujours victimes de mutilations génitales.

Remarquables sont également les commentaires sous l'article, y compris la plainte outrée d'une personne qui semble au moins proche des médecins MGI : "Je tiens à souligner que les opérations de réparation d'hypospadias sont effectuées par des professionnels médicaux pleinement qualifiés [...] Je trouve offensive de qualifier une telle chirurgie de MGI. Les parents ont également le devoir de s'occuper de leurs enfants et ne devraient pas se sentir coupables lorsqu'ils demandent des conseils et des traitements médicaux". (JK Scicluna le 15 mai 2019 20:42) - Mais les autres commentaires sont surtout du côté des enfants intersexes !

Ci-dessous l'article en français:

>>> Times of Malta (15.05.2019)
" Les droits humains aussi pour les hermaphrodites ",
une organisation internationale dit à Malte

StopIGM affirme que Malte n'en fait pas assez pour prévenir les " mutilations génitales intersexes ".

La loi maltaise exempte la réparation de l'hypospadias, la pratique de MGI la plus fréquente et la seule pratiquée à Malte, affirme l'organisation.

Une organisation internationale dédiée à la lutte contre les "mutilations génitales intersexes" a déclaré que Malte continue à soutenir tacitement cette pratique, bien qu'elle soit le premier pays au monde à l'interdire explicitement.

La loi maltaise sur l'identité sexuelle, l'expression sexuelle et les caractéristiques sexuelles, adoptée en 2015, interdit les procédures de normalisation du genre [euh ...] pour les mineurs qui peuvent être différées jusqu'à ce que l'enfant puisse donner son consentement éclairé.

Historiquement, de telles procédures étaient utilisées pour opérer des enfants nés avec des organes sexuels multiples [oups ...].

L'ONG internationale de défense des droits humains des personnes intersexes StopIGM.org a déclaré que, bien que de telles procédures - que l'organisation appelle "mutilations génitales intersexes" - étaient désormais interdites sur papier, la réalité était quelque peu différente.

Un rapport publié par l'organisation note que Malte n'a introduit des sanctions pour les MGI qu'en 2018.  Il s'agissait notamment d'une peine d'emprisonnement n'excédant pas cinq ans ou d'une amende comprise entre 5 000 et 20 000 euros.

Ces peines sont inférieures à leur équivalent pour le crime de mutilation génitale féminine, qui prévoit de cinq à dix ans de prison.

En outre, si, dans le cas des MGF, un crime commis à l'étranger peut faire l'objet de poursuites à Malte, ce n'est pas le cas pour les MGI.

Selon l'organisation, les parents qui voulaient que leurs enfants subissent de telles procédures contournaient les lois locales en les envoyant se faire opérer à l'étranger, au Royaume-Uni, en Belgique et en Italie.

"Les droits humains aussi pour les hermaphrodites"

StopIGM.org a exigé l'interdiction des chirurgies génitales forcées sur les enfants et les adolescents avec des variations de l'anatomie reproductive. Il appelait à "des droits humains pour les hermaphrodites aussi".

Les personnes concernées, a-t-il dit, devraient décider par la suite elles-mêmes si elles veulent ou non subir des interventions chirurgicales et, si oui, lesquelles. Le délai de prescription devait être adapté de manière à ce que les survivants adultes des MGI puissent porter plainte.  

2019-CAT-UK-NGO-Coalition-Intersex-IGM

Intersex Genital Mutilations in Malta: 2019 CRC Report
Human Rights Violations Of Children With Variations Of Reproductive Anatomy
IGM in Malta and overseas  Legal gaps and loopholes  Harmful Practice
>>> Download as PDF (758 kb)

>>> StopIGM.org > Pages françaises